Les 27 et 28 octobre se tenait comme chaque année depuis 1992 à l’ONU le débat sur le blocus des États-Unis contre Cuba. Depuis son retour au pouvoir en 2025, l’administration Trump a fait de ce vote un enjeu diplomatique majeur. Par les pressions, le chantage ou la menace envers tous les pays représentés, l’objectif impérialiste a été de faire perdre la majorité mondiale favorable à Cuba. Raté. En prime, la diplomatie cubaine est fermement intervenue cette année pour faire cesser les mensonges à la tribune venant du représentant des États-Unis.
Le monde a, pour la 34e année consécutive, rejeté massivement le blocus contre Cuba. Dans un contexte de renforcement sans précédent du blocus, doublé depuis janvier 2026 d’un siège naval empêchant les livraisons de combustible, le pays est violemment impacté. Asphyxie économique, financière et énergétique, le gouvernement des États-Unis cherche ainsi à détruire les services publics essentiels et à affamer le peuple cubain. Ne sachant plus comment faire pour casser une révolution qui demeure défendue et soutenue par la population, Washington met tout en œuvre pour porter le plus de coups possibles à la population cubaine.
Ce blocus renforcé coupe l’électricité, l’eau, ou encore l’accès aux médicaments des Cubains. Il a entraîné la multiplication par deux du taux de mortalité infantile, a fait baisser les taux de guérison des malades du cancer. Le blocus tue tous les jours des enfants, des personnes malades, et des personnes vulnérables. Cette politique génocidaire a été rejetée ce 28 octobre par 130 pays, dont la France, et soutenue par 17 pays réunis autour des États-Unis (25 abstentions et 19 pays n’ayant pas pris part au vote). Preuve que la grande majorité mondiale est consciente du caractère immoral et illégal de cette politique dirigée contre Cuba et son peuple.
Mais ce type de politique unilatérale exercée par la première puissance du monde pèse aussi comme une épée de Damoclès au-dessus de chaque nation. La majorité des pays en est consciente. Le Parti communiste français, dont on connaît le poids en France sur la question, a tenu à rappeler dans une déclaration, suite au vote, que « l’extraterritorialité des lois iniques des USA fait que ce blocus est également une attaque contre la souveraineté des peuples, y compris le peuple français ».
Pressions, chantages et menaces des USA
Ce débat à l’Assemblée des Nations unies est donc suivi d’un vote non contraignant mais politiquement très important pour Cuba et éclairant sur les rapports de forces internationaux. Nous pouvons identifier trois catégories de pays lors de ce vote. Ceux, très dépendants des États-Unis, qui votent presque systématiquement comme ces derniers (Israël, Ukraine, Paraguay, Macédoine du Nord ou encore, bien que plus récemment, le Maroc). Le second groupe correspond aux pays ayant connu une alternance politique récente, avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir plus favorable aux États-Unis, ce qui explique une évolution du vote : Chili, Colombie, Pérou, Bolivie, Équateur notamment.
La troisième catégorie, la plus importante, qui votait historiquement en faveur de Cuba mais qui, depuis le retour au pouvoir de D. Trump, a progressivement fait évoluer ses votes, en passant du « Pour » à une abstention le plus souvent ou, de plus en plus, à un « non-vote ».
Le bilan de l’administration Trump-Rubio, d’un impérialisme extrêmement agressif, se reflète particulièrement dans cette troisième catégorie. Italie, Allemagne, Pays-Bas, pays baltes, Jamaïque, République dominicaine, Haïti, Honduras, Guyana… Ces pays votaient « pour » jusqu’en 2024 ou 2025 mais ont, cette année, opté pour un autre choix, plus favorable à Washington. La plupart de ces pays se trouvent en Europe ou en Amérique latine mais l’on retrouve quelques pays africains comme la Côte d’Ivoire ou la Somalie et plusieurs pays asiatiques comme la Syrie, le Tadjikistan, la Corée du Sud ou encore l’Arménie. Ce tableau des votes dessine ainsi une carte du monde de l’influence impérialiste des États-Unis.
Face à face entre Cuba et les États-Unis
Lors du discours à la tribune, le représentant des États-Unis, Mike Waltz, a tenté de justifier la politique états-unienne en ayant recours, dans la pure tradition rhétorique trumpiste, à des mensonges, des diffamations et des provocations envers la Révolution cubaine et le gouvernement cubain. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a sollicité l’application du règlement onusien pour s’exprimer en urgence afin d’appeler au respect des usages de la diplomatie.
Le président de séance ne donnant pas suite à la requête de Cuba, pourtant conforme au règlement onusien, la délégation cubaine est descendue jusqu’à la tribune. Les diplomates cubains ont demandé au président le respect des règlements de l’ONU (ce qu’il fera ensuite). La situation a créé un face-à-face très rapproché et saisissant avec le représentant de l’impérialisme qui a alors hurlé des « reculez ! » ou encore « c’est l’Amérique ici ! ». Les diplomates cubains sont restés droits, à l’image de leur peuple, déterminés à faire respecter son indépendance et sa dignité. Et ils ont répondu « nous ne reculerons pas ».




