
Depuis le début de la crise, le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce a baissé de près de 20 %. La croissance portugaise s’effondre de mois en mois. En Espagne, elle a baissé de 0,3 % au dernier trimestre 2011 après un zéro pointé au deuxième. Celle de l’Irlande pique aussi du nez. L’Italie affiche un -- 0,7 % après un -- 0,2 % au 2e trimestre.
Le taux de chômage suit la pente inverse. Il frôle les 23 % en Espagne, dépasse 19 % en Grèce, se maintient autour de 14,5 % en Irlande, approche les 14 % au Portugal…
Cet affaissement ne profite pas aux pays les plus puissants qui ne sont pas eux-mêmes épargnés par les mesures d’austérité. L’Allemagne elle-même en est affectée, subissant à l’image des pays de l’Europe du Sud un recul de 0,2 % de sa croissance fin 2011. Chez son voisin, l’Autriche, elle baisse de 0,1 %. En Finlande, elle est atone. La Belgique et les Pays-Bas sont en récession depuis le deuxième trimestre 2011.
La France enregistre un petit + 0,2 % au dernier trimestre 2011. Elle fait mieux que l’Allemagne mais pour des raisons particulières liées aux exportations d’Airbus et aux achats anticipés d’automobiles par les entreprises juste avant la hausse de certaines taxes. Ces purges ne permettent pourtant pas de redresser les comptes publics.
La dette publique au sein de la zone euro a très légèrement diminué au 3e trimestre 2011. Malgré cela, elle a augmenté de 4,2 points en l’espace d’un an.
En France, elle baisse certes en fin d’année, mais elle reste supérieure à son niveau de début d’année. En Grèce, en un an, elle est passée de 138,8 % du PIB à 159,1 %, en Irlande de 88,4 % à 104,9 %, en Espagne, de 58,7 % à 66 %, au Portugal, de 91,2 % à 110,1 %. Il y a eu 751 000 chômeurs de plus en 2011 dans l’euroland. C’est cela, le bilan de Merkozy.
Il est temps de changer de cap. L’on ne s’en sortira pas en promettant la « rigueur dans la justice ». Si l’on veut sortir la France et l’Europe de la crise, il faut tourner le dos résolument à la rigueur, en tout cas vis-à-vis des travailleurs et des populations. C’est plus efficace que de faire risette à la finance, l’histoire des trente dernières années le montre amplement.
Pierre Ivorra, l'Humanité
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